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Le protestantisme regroupe l'ensemble des courants religieux chrétiens issus du catholicisme qui prennent naissance en Europe lors de la Réforme sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli puis Jean Calvin. Le terme lui-même est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Luther protestent contre les décisions prises par la seconde diète impériale à Spire, à majorité catholique. Les protestants français, tous appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires »1.
modifier Origine du terme « protestant »Le 31 octobre 1517, les étudiants du moine et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par Albert de Brandebourg : ils affichent sur la porte de l'église de Brandebourg une lettre rédigée par Martin Luther adressée à Albert de Brandebourg constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l'Église, critique virulente des abus et solutions. Parmi les thèses, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elle provoque au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique. Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1525 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme. Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants ».
D'après Terre et Ciel de Théodore Monod, Collection Actes Sud. Samuel de Champlain était protestant. modifier La pensée protestanteLes protestants hésitent à parler de « doctrine » ou de religion. Ils préfèrent « convictions », « engagements » ou « valeurs ». La fédération des protestants publie simplement : « Être protestant »2. C'est que les protestants préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour l'expression de leur foi, même la plus fondamentale. Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :
modifier De nombreuses Églises et mouvementsAu XXIe siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la tradition. Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent proches. En France, la plupart des mouvements protestants sont affiliés à la Fédération protestante de France créée lors de la Séparation des Églises et de l'État en 1905. Des Églises et mouvements évangéliques sont affiliés également à la Fédération évangélique de France. La plupart des églises autres que les luthéro-réformés, membres ou non de la FPF ou de la FEF, se retrouvent au sein du Conseil national des évangéliques de France. modifier Églises historiques multitudinistesDès le début, elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitude »). Il s'agit3 :
modifier Églises de professants et de confessantsEn plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'œuvre du Saint-Esprit. Sont les héritiers directs de la partie pacifiste de ce courant, les Assemblées mennonites, dont les Amishes font partie. S'y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ». Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est à l'origine de l'Armée du Salut. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent. D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc. « Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants ou de confessants» et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et quelques unes, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou jeunes adultes (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles pensent que le baptême d'enfants n'est pas valide. Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistes d'origine nord-américaine (certains parlent alors d' évangélisme). Dans leur ensemble, ces courants représentent au moins le quart du protestantisme français actuel, soit 1% de la population française4. Les Témoins de Jéhovah qui ne croient pas en la Trinité ne se revendiquent pas du protestantisme historique. Leur mouvement est né fin du XIXème siècle aux Etats-Unis. modifier Le fondamentalismeLe courant fondamentaliste qui prône le retour aux fondamentaux doctrinaux est né au Congrès fondamentaliste de Niagara, organisé en 1895. Ce congrès ajouta à la doctrine définie au début de l'article, les éléments de confession de foi suivants issus de la tradition chrétienne conciliaire, mettant fin au libre examen reproché aux Églises « historiques », parfois nommées de façon polémique « Églises mortes ». Ils définissent cinq points fondamentaux de doctrine (c'est-à-dire de croyance obligatoire) :
Cela consiste surtout à prendre les Épitres de Paul du Nouveau Testament au pied de la lettre, et d'interpréter le reste de la Bible au travers des ces Épitres. Ce courant est également présent au sein des autres églises protestantes, notamment évangéliques, en proportion variable. Le terme « fondamentalisme » au sens protestant n'est pas obligatoirement synonyme de « intégrisme », et la croyance en l'inspiration divine des Écritures n'est pas obligatoirement confession de leur « inerrance » formelle. modifier Des Églises nationalesLa plupart du temps, les protestants s'organisent en églises ou en fédérations nationales. L’Afrique compte l’Églises nationales africaines, l’Église méthodiste unie de Côte d'Ivoire, l’Union Missionnaire de la Nouvelle Alliance de Côte d'Ivoire, l’Église méthodiste du Bénin ; à Madagascar se trouve la FJKM (Église de Jesus Christ à Madagascar). La Véritable Église de Jésus fédère les fidèles de la République populaire de Chine. En Europe, de nombreuses églises sont instituées au niveau national avec l’Église évangélique en Allemagne, l’Église protestante unie de Belgique, l’Église d'Écosse, l’Église unitarienne de Transylvanie, la Petite Église polonaise, la Fraternité Remonstrante des Pays-Bas, en Tchéquie, l'Église évangélique des frères tchèques et l'Unité des Frères tchèques et l’Église évangéliques baptistes réformées en Italie et l’Église vaudoise et méthodiste en Italie, l’Église protestante kabyle en Algérie. En France, le protestantisme est représenté par l’Église réformée de France, l’Église évangélique luthérienne de France, les Églises protestantes d'Alsace-Lorraine, la Fédération Evangélique Missionnaire, la Mission évangélique des tziganes de France, la Fédération évangélique de France, les Communautés & Assemblées Evangéliques de France, l’Assemblées de Dieu et l’Armée du Salut. modifier Les personnalités du protestantismeCette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.
modifier Fêtes et rassemblementsDans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :
modifier Voir aussimodifier Articles connexes
modifier Liens externes
modifier Bibliographie
modifier Notes et références
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